Réflexologie et syndrome prémenstruel : règles douloureuses, cycle et zones travaillées

Réflexologie et syndrome prémenstruel : règles douloureuses, cycle et zones travaillées

En bref : en réflexologie, le syndrome prémenstruel et les règles douloureuses se travaillent sur cinq zones : les ovaires sur la face externe du pied, l’utérus sur la face interne, les trompes sur le dessus du pied, l’hypophyse sur le gros orteil et les surrénales. Le meilleur moment : 7 à 10 jours avant les règles, trois cycles de suite. Des douleurs invalidantes ou des règles très abondantes se montrent d’abord à un médecin.

Elles arrivent souvent le lundi, la semaine d’avant. Le ventre tendu, les seins sensibles, la patience à zéro, et cette phrase : « Je sais que ça va passer, mais tous les mois, c’est trop. » Le syndrome prémenstruel n’est pas une fatalité à supporter en silence, ni un problème que la réflexologie règle d’un coup de pouce. C’est un terrain, hormonal et nerveux, sur lequel mes mains ont une vraie prise. À condition de savoir quand, où et dans quelles limites.

Qu’est-ce que le syndrome prémenstruel, et pourquoi le stress l’aggrave-t-il ?

Le syndrome prémenstruel regroupe les signes physiques et émotionnels qui apparaissent dans les jours qui précèdent les règles et disparaissent avec elles : ballonnements, seins tendus, rétention d’eau, maux de tête, fatigue, irritabilité, sommeil perturbé, envies de sucre. Les règles douloureuses, ou dysménorrhée, en sont le prolongement : crampes du bas-ventre, douleur lombaire, parfois nausées, les deux ou trois premiers jours.

Le module 3 de la formation Reflexalto, consacré au système uro-génital, résume le mécanisme en une phrase : « Le cycle menstruel est le reflet de l’équilibre hormonal et de la bonne communication entre le système nerveux, endocrinien et génital. » Et il ajoute ce que toutes les femmes que je reçois confirment : « Le stress prolongé peut perturber la fonction urinaire, les cycles menstruels, la fertilité, la libido ou favoriser des tensions dans la région pelvienne. » Un mois chargé donne des règles plus pénibles. Ce n’est pas dans la tête ; c’est dans le système nerveux autonome, qui commande aussi les glandes.

Quand consulter avant d’envisager la réflexologie ?

Un syndrome prémenstruel gênant est fréquent. Certains tableaux ne sont pas un « simple SPM », et je les repère à l’entretien.

  • Des douleurs qui empêchent d’aller travailler ou de se lever, chaque mois, malgré les antalgiques : c’est un motif de consultation, l’endométriose se cache souvent derrière.
  • Des règles très abondantes, des caillots, une fatigue qui ne remonte pas : médecin, bilan sanguin.
  • Une douleur pendant les rapports ou en allant à la selle pendant les règles.
  • Un SPM avec idées noires, crises d’angoisse ou humeur qui s’effondre : le trouble dysphorique prémenstruel existe, et il se traite.

Dans ces cas, le médecin traitant, la sage-femme ou le gynécologue passent en premier. La réflexologie vient ensuite, en complément d’un suivi, jamais à sa place. L’Assurance maladie décrit les signes qui distinguent des règles douloureuses banales d’une endométriose. Et si vous êtes enceinte, tout change : les précautions, les zones, le rythme. Nous y avons consacré un article séparé sur la réflexologie pendant la grossesse, et le présent article ne s’applique pas à cette situation.

Quelles sont les zones réflexes du cycle féminin ?

Le bassin se projette sur le talon et autour des malléoles. C’est là que se trouvent les organes génitaux. Mais le cycle ne se joue pas que dans le bassin : il se commande depuis le cerveau, par l’hypophyse, et il subit l’influence des surrénales, les glandes du stress. Voici les zones que nous enseignons au niveau 3, avec leur localisation telle que la donne notre support de cours.

Zone réflexeLocalisation (support de cours)GesteRôle dans le cycle
Ovaires (gonades)Face latérale du pied, au centre de la diagonale reliant la pointe du talon à la malléoleChenille piquée avec le pouce, puis couvrir le grand bassinProduction des œstrogènes et de la progestérone
UtérusFace médiale du pied, au centre de la même diagonaleChenille piquée avec le pouce, puis couvrir le petit bassinContractions, douleur des règles
TrompesFine bande qui traverse le dessus du pied, à la pliure, reliant ovaires et utérusChenille pouce ou indexLien entre les deux zones
HypophysePoint au centre du coussinet du gros orteil, à la butée de la pulpePression avec le pouceGlande maîtresse, commande le cycle
SurrénalesEn profondeur, à la butée de la tête du 1er métatarsien et du tarsePression pouce et index, dessus et dessousRéponse au stress, rétention d’eau
Lombaires et sacrumBord interne du pied le long du tarse, puis butée du talonReptation, piqué sur la charnière lombo-sacréeDouleur lombaire des règles, innervation du bassin
Lymphe abdominaleTout le dessus du pied, à la base de la jambeReptation de tous les doigts vers la chevilleBallonnements, rétention

Le rôle de l’hypophyse, chef d’orchestre de toutes les glandes, mérite un article entier : hypophyse, hypothalamus, thalamus sur le pied. Celui des surrénales dans la fatigue et l’irritabilité prémenstruelles est expliqué dans notre article sur les glandes surrénales et le cortisol.

Le protocole uro-génital du module 3, adapté au syndrome prémenstruel

Le protocole que nous enseignons au niveau 3 commence par les reins et le drainage urinaire, puis passe au soutien des organes génitaux. Pour un SPM, je le donne dans cet ordre, en y ajoutant les zones nerveuses et endocriniennes, parce que le support est clair : ce système « est étroitement lié aux systèmes nerveux, endocrinien et circulatoire ».

  1. Détente. Protocole de détente du pied en sept manipulations, plus lent que d’habitude. Le ventre se relâche quand le pied se relâche.
  2. Colonne vertébrale. Reptation du pouce le long du bord interne, avec un temps sur les lombaires et la charnière lombo-sacrée, en piqué. C’est de là que partent les nerfs du bassin.
  3. Diaphragme et plexus solaire. Reptation sur la ligne du diaphragme, piqué sur le plexus. Sur un SPM, le plexus est presque toujours sensible.
  4. Hypophyse. Pression du pouce au centre du coussinet du gros orteil, tenue, répétée trois fois.
  5. Surrénales. Pression pouce-index en profondeur, dessus et dessous du pied, à la butée du premier métatarsien.
  6. Reins, uretères, vessie. Chenille sur les reins au centre de la voûte, glissé le long du tendon vers les reins, quadrillage de la vessie. C’est le drainage, utile contre la rétention d’eau des jours d’avant.
  7. Ovaires. Chenille piquée avec le pouce sur la face latérale, puis couverture de la zone du grand bassin sur le calcanéum.
  8. Utérus. Chenille piquée sur la face médiale, puis couverture du petit bassin, sous la malléole interne.
  9. Trompes. Chenille de l’index sur la bande du dessus du pied, d’une malléole à l’autre.
  10. Lymphe abdominale et nerf vague. Reptation de tous les doigts vers la cheville, puis pression appuyée sur le cinquième orteil. Fin en bipodale.

À quel moment du cycle prendre rendez-vous ?

C’est la question qui change le plus le résultat, et celle que personne ne pose. Le syndrome prémenstruel se prépare en phase lutéale, après l’ovulation. C’est donc là qu’il faut agir, pas le jour où la douleur est installée.

Phase du cycleMomentSéanceObjectif
RèglesJ1 à J5Possible, courte et douce, si la personne le souhaiteDétente, lombaires, plexus ; pas de travail appuyé sur l’utérus
Phase folliculaireJ6 à J13Séance globaleTerrain, drainage, hypophyse
OvulationJ14 environSéance globaleOvaires, trompes, hypophyse
Phase lutéaleJ-10 à J-3 avant les règlesLa séance cléProtocole complet : surrénales, drainage, utérus, plexus

Sur un cycle de 28 jours, la séance la plus utile se situe donc entre le 18e et le 25e jour. Je propose en général trois cycles de suite, une séance par cycle à ce moment-là, puis nous faisons le point. Beaucoup de femmes ajoutent une séance courte au premier jour des règles quand les crampes sont fortes ; d’autres préfèrent qu’on ne les touche pas ces jours-là. Les deux sont justes.

Que ressent-on pendant la séance, et après ?

Pendant : une chaleur dans le bas-ventre au moment du travail des zones du bassin, une sensibilité nette sur l’utérus les jours qui précèdent les règles, parfois une émotion qui monte sans prévenir. Notre support de cours prévient que la séance « peut favoriser l’expression de difficultés, d’émotions ou de besoins personnels », et que le praticien doit les accueillir « avec empathie, bienveillance, présence stable et attitude rassurante, tout en garantissant la confidentialité ». J’ai des mouchoirs pour cela aussi.

Après : une envie d’uriner plus fréquente le jour même, une fatigue douce, et assez souvent des règles qui arrivent un ou deux jours plus tôt que prévu, plus fluides. Je le dis avant, pour que cela ne surprenne pas. Ce que je ne promets pas : la disparition du SPM. Ce que je constate le plus souvent, après trois cycles : des jours d’avant plus courts et moins lourds. Le ventre, ses tensions et ses émotions ont aussi leur propre approche, décrite dans notre article sur la réflexologie abdominale.

Inès, 29 ans, ancienne graphiste à Bordeaux : « Ma gynéco avait éliminé l’endométriose et m’avait dit : SPM classique, on peut vous aider mais essayez aussi autre chose. J’ai pris trois séances, une par mois, dix jours avant mes règles. Le premier cycle, rien de net. Le deuxième, j’ai oublié de râler sur mon copain. Le troisième, mes règles sont arrivées deux jours en avance et j’ai eu mal une matinée au lieu de trois jours. Je continue, un mois sur deux. »

Témoignage d’une consultante reçue en cabinet

Ce que vous pouvez faire seule entre deux séances

  • Sur la main : les zones des ovaires et de l’utérus se trouvent de part et d’autre du poignet, à la base de la paume. Pressez-les avec le pouce, en petits cercles, une minute de chaque côté, chaque soir de la phase lutéale.
  • Le gros orteil : une pression tenue au centre du coussinet, dix secondes, trois fois, pour l’hypophyse. Vous pouvez le faire pied posé sur le genou.
  • La chaleur : bouillotte sur le bas-ventre et sur les lombaires, vingt minutes, les trois jours d’avant. Ce n’est pas de la réflexologie, c’est du bon sens, et ça marche.
  • Le mouvement : trente minutes de marche par jour en phase lutéale limitent la rétention d’eau et les ballonnements mieux que n’importe quel massage.

Ce que la réflexologie ne fait pas, et comment on l’apprend

Elle ne diagnostique pas une endométriose, ne remplace ni un antalgique, ni une contraception prescrite pour réguler le cycle, ni un suivi gynécologique. Elle ne « rééquilibre pas les hormones » : cette formule, que je lis partout, promet ce qu’aucune main ne peut garantir. Elle soutient l’autorégulation du corps, comme le dit notre support, en agissant sur le système nerveux et sur les zones réflexes du cycle. C’est déjà beaucoup, et c’est honnête.

Le système uro-génital et le système endocrinien sont étudiés au niveau 3 de notre formation de réflexologue, trois jours après le stage Premiers Pas et les niveaux 1 et 2. Les stagiaires y apprennent les zones du cycle, le protocole, et surtout ce qu’il faut demander à l’entretien avant de travailler un bassin. Le cursus complet, 14 jours et 100 heures de mise en situation, revient à 3 620 €. Pour la suite du parcours hormonal féminin, lisez aussi notre article sur la réflexologie et la ménopause.

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