Réflexologie et ménopause : bouffées de chaleur, sommeil, humeur

Réflexologie et ménopause : bouffées de chaleur, sommeil, humeur

En bref : la réflexologie accompagne la ménopause en travaillant six zones endocriniennes du pied : l’hypophyse au centre du coussinet du gros orteil, l’hypothalamus, thermostat du corps, sur le bord externe de sa pulpe, la pinéale, la thyroïde à la base du gros orteil, les ovaires sur la face externe du pied et les surrénales. Rythme habituel : une séance toutes les trois semaines pendant trois mois. Elle ne remplace ni le gynécologue ni un traitement.

Cinquante et un ans, c’est l’âge moyen. Mais ce n’est pas une date, c’est une traversée qui dure des années, et les femmes qui s’allongent sur ma table ne viennent pas pour « la ménopause ». Elles viennent pour une bouffée de chaleur en pleine réunion, une nuit coupée en trois à 3 heures du matin, une irritabilité qu’elles ne se connaissaient pas. Trois symptômes, trois glandes, et un système nerveux qui n’en peut plus. C’est exactement le terrain du niveau 3 de notre formation.

Que se passe-t-il dans le corps à la ménopause ?

Les ovaires cessent progressivement de produire les œstrogènes et la progestérone. L’hypophyse, qui les commandait, continue d’envoyer ses ordres, de plus en plus fort, sans réponse. Et l’hypothalamus, juste au-dessus, perd ses repères. Le module 3 de la formation Reflexalto le décrit comme un « véritable centre de régulation » qui reçoit et analyse les informations venues de l’organisme, « température corporelle, faim, soif, stress, sommeil, émotions », et « ajuste en conséquence la production hormonale ». Quand son thermostat se dérègle, le corps croit avoir chaud : c’est la bouffée de chaleur.

Le reste découle de là. La glande pinéale, qui « sécrète la mélatonine, hormone essentielle à la régulation du sommeil », subit le contrecoup. La thyroïde, dont les hormones « influencent le rythme cardiaque, la consommation énergétique, la température corporelle », est plus souvent déréglée à cet âge. Et les surrénales, sursollicitées par un stress chronique, produisent un cortisol qui, d’après notre support, entraîne « des déséquilibres au niveau du sommeil, de la digestion, de la respiration ». Une cascade, et non un symptôme isolé. C’est pourquoi une séance ne travaille jamais une seule glande.

Quand consulter, et ce que la réflexologie ne remplace pas

  • Des saignements après un an sans règles : gynécologue sans attendre, avant toute séance.
  • Des bouffées de chaleur invalidantes, dix par jour, des nuits détruites : c’est le moment de discuter d’un traitement hormonal avec votre médecin. La réflexologie s’ajoute à cette discussion, elle ne la remplace pas.
  • Une humeur qui s’effondre, une anxiété nouvelle, des idées noires : médecin. La ménopause peut révéler une dépression, qui se traite.
  • Des douleurs osseuses, une perte de taille, une fracture pour presque rien : bilan de l’ostéoporose, que les mains ne préviennent pas.

L’Assurance maladie décrit les symptômes de la ménopause et les options de prise en charge. Lisez cette page, prenez rendez-vous avec votre médecin ou votre gynécologue, puis venez si vous le souhaitez. Je ne modifie aucun traitement, je ne conseille ni pour ni contre les hormones : ce n’est pas mon métier.

Quelles sont les zones endocriniennes de la ménopause sur le pied ?

Presque toutes tiennent sur le gros orteil. Notre support de cours y place quatre points à quelques millimètres les uns des autres, et l’une des difficultés du niveau 3 est justement d’apprendre à les distinguer sous le pouce. Voici les six zones que je travaille, avec leur localisation telle que nous l’enseignons.

Zone réflexeLocalisation (support de cours)GesteSymptôme visé
Hypophyse (pituitaire)Point au centre du coussinet du gros orteil, à la butée de la pulpePression avec le pouceRégulation générale : la « glande maîtresse »
HypothalamusPoint sur la partie proximale de la pulpe du gros orteil, bord latéralPiqué pouceBouffées de chaleur, thermorégulation
Pinéale (épiphyse)Point sur la partie proximale de la pulpe du gros orteil, bord médialPiqué pouceSommeil, rythmes biologiques
ThyroïdeDessus et dessous du pied, à la base de la 1re phalange du gros orteilChenille pouce ou lissage, quadriller dessus-dessousÉnergie, poids, température
Ovaires (gonades)Face latérale du pied, au centre de la diagonale talon-malléoleChenille piquée avec le pouceTransition hormonale
SurrénalesEn profondeur, à la butée de la tête du 1er métatarsien et du tarsePression pouce et index, dessus et dessousStress, cortisol, fatigue

La thyroïde mérite sa propre page, tant elle est souvent en cause à cet âge : nous la détaillons dans notre article sur la thyroïde et la réflexologie. Et le rôle des surrénales dans la fatigue de cette période est expliqué dans notre article sur les glandes surrénales et le cortisol.

Le protocole endocrinien du module 3, adapté à la ménopause

Notre support de cours fait précéder la stimulation des glandes d’un travail des zones nerveuses, pour une raison qu’il énonce ainsi : « Activer le système nerveux central facilite la modulation neuroendocrine en activant les réponses nerveuses centrales. » On ne touche pas une glande sans avoir d’abord calmé le système qui la commande. Voici le déroulé, une cinquantaine de minutes.

  1. Phase préparatoire. Protocole de détente en sept manipulations, puis mobilisation douce des orteils, rotations et pressions. Le gros orteil doit être souple avant qu’on y cherche quatre points.
  2. Zones nerveuses. Colonne vertébrale et moelle épinière sur le bord interne, ligne du diaphragme et plexus solaire, puis stimulation de la boîte crânienne sur la pulpe du gros orteil.
  3. Hypophyse. Pression du pouce au centre du coussinet, tenue cinq secondes, trois fois. Le support la qualifie de « glande maîtresse » : c’est par elle que tout commence.
  4. Pinéale, hypothalamus, thalamus. Trois piqués du pouce sur la pulpe : bord médial pour la pinéale, bord latéral pour l’hypothalamus, centre pour le thalamus. Je m’attarde sur l’hypothalamus quand les bouffées dominent, sur la pinéale quand c’est le sommeil.
  5. Thyroïde. Chenille ou lissage à la base de la première phalange du gros orteil, en quadrillant le dessus et le dessous.
  6. Surrénales. Pression pouce-index en profondeur, dessus et dessous du pied.
  7. Ovaires et utérus. Chenille piquée sur les faces externe puis interne du pied, au centre de la diagonale talon-malléole. Zones souvent peu réactives après la ménopause, que je travaille plus doucement qu’avant.
  8. Nerf vague et écoute parasympathique. Pression appuyée sur le cinquième orteil, puis un pouce sur le gros orteil, l’autre sur le talon, sans stimulation, une à deux minutes.

Bouffées de chaleur : ce que je travaille en priorité

Trois zones, dans cet ordre : l’hypothalamus, parce que c’est le thermostat ; les surrénales, parce que le stress déclenche les bouffées chez la plupart des femmes que je reçois ; le nerf vague, parce qu’il ramène le corps en mode repos. Et une consigne pour la maison : dès qu’une bouffée monte, expirer longuement par la bouche, deux fois plus long que l’inspiration, pendant une minute. Cela ne l’empêche pas, cela la raccourcit.

Ce que je constate le plus souvent après trois séances : des bouffées moins fréquentes ou moins longues, et surtout moins de panique au moment où elles arrivent. Ce que je ne constate pas : leur disparition. Les femmes sous traitement hormonal viennent aussi, pour le reste, le sommeil et l’humeur, et je travaille avec elles de la même façon.

Sommeil et sueurs nocturnes : le point sur la pinéale

La nuit coupée à 3 heures est la plainte la plus fréquente après les bouffées, et souvent les deux vont ensemble : une sueur nocturne réveille, puis l’esprit prend le relais. Sur le pied, j’insiste sur la pinéale, qui sécrète la mélatonine, sur le plexus solaire et sur l’écoute parasympathique en fin de séance. Le protocole complet du sommeil, avec les points à travailler soi-même avant de se coucher, est décrit dans notre article sur la réflexologie plantaire et le sommeil. Je ne le reprends pas ici.

Humeur, irritabilité, anxiété : le lien entre glandes et émotions

Notre support de cours l’écrit en une phrase que je fais lire à toutes mes stagiaires : « Les glandes endocrines sont étroitement liées aux émotions et aux états d’humeur. » Et dans l’autre sens : « nos émotions peuvent également modifier leur sécrétion ». À la ménopause, ce cercle tourne vite. L’irritabilité fatigue les surrénales, les surrénales perturbent le sommeil, le manque de sommeil rend irritable.

Ma façon d’entrer dans ce cercle est le plexus solaire et le diaphragme, en début de séance, puis la boîte crânienne et le nerf vague. La séance elle-même, une heure de silence et de toucher, fait une part du travail que ne fait aucune zone. Les femmes qui pleurent sur ma table à ce moment-là ne sont pas rares, et notre support demande d’accueillir ces manifestations « avec empathie, bienveillance, présence stable et attitude rassurante ». C’est ce que je fais. Cela ne remplace pas un médecin quand l’humeur s’effondre pour de bon.

Véronique, 53 ans, ancienne enseignante à Clermont-Ferrand : « Je refusais les hormones, puis j’ai accepté, et il restait les nuits et l’humeur. Ma gynécologue m’a dit d’essayer ce que je voulais en plus, tant que je lui en parlais. Trois séances à trois semaines d’intervalle. Ce qui a changé en premier, c’est la panique quand la chaleur montait : je souffle, ça passe. Les nuits, c’est venu après. Je ne suis pas redevenue celle d’avant, et je crois que ce n’était pas le but. »

Témoignage d’une consultante reçue en cabinet

Quel rythme de séances, et que faire entre deux ?

SituationRythme conseilléDuréeEntre deux séances
Début des symptômes, périménopauseUne séance toutes les trois semainesTrois mois, puis bilanPression du gros orteil le soir, expiration longue à chaque bouffée
Ménopause installée, symptômes modérésUne séance par moisSix moisAuto-stimulation palmaire : pouce et base du pouce
Sous traitement hormonalUne séance par moisSelon le besoinSommeil et humeur en priorité
Symptômes forts, suivi médical en coursUne séance toutes les deux semaines au débutDeux mois, puis espacementConsignes de respiration, marche quotidienne

Entre deux séances, la main remplace le pied : les mêmes glandes se projettent sur le pouce, hypophyse au centre de la pulpe, thyroïde à la base. Une minute de pression sur chaque pouce, matin et soir, entretient l’effet. Et si vous êtes plus jeune et que ce sont vos cycles qui vous préoccupent, le versant d’avant est traité dans notre article sur la réflexologie et le syndrome prémenstruel.

Ce que la réflexologie promet, et ce qu’elle ne promet pas

Elle promet une heure de détente profonde, un travail précis sur les glandes qui pilotent cette période, et un soutien du système nerveux qui encaisse tout. Elle ne promet ni la fin des bouffées, ni le retour des nuits d’avant, ni l’équilibre hormonal, une expression qui ne veut rien dire sous des doigts. Elle accompagne, comme le dit notre support de cours, les « processus d’autorégulation » du corps. Le système endocrinien est enseigné au niveau 3 de la formation certifiante Reflexalto, trois jours parmi les 14 du cursus complet, qui revient à 3 620 € avec 100 heures de mise en situation professionnelle, l’examen et la certification.

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