Thyroïde et réflexologie : où se trouvent les points, comment on travaille la zone du pied

Thyroïde et réflexologie : où se trouvent les points, comment on travaille la zone du pied

En bref : la zone réflexe de la thyroïde se trouve à la base de la première phalange du gros orteil, sur sa partie proximale, dessus et dessous du pied. On la travaille en chenille ou en lissage du pouce, en quadrillant les deux faces, après avoir stimulé l’hypophyse qui la commande. Hypothyroïdie, hyperthyroïdie, nodules : le diagnostic et le traitement appartiennent au médecin et à l’endocrinologue. La réflexologie accompagne, sans jamais modifier un traitement.

La thyroïde est la glande dont on me parle le plus, et celle sur laquelle je suis la plus prudente. Elle règle la vitesse à laquelle tout le corps tourne. Quand elle ralentit, la personne s’éteint ; quand elle s’emballe, elle ne dort plus. Ce sont des tableaux médicaux, avec une prise de sang, un traitement, un suivi. Ma place est à côté : sur un pied, à la base du gros orteil, où une petite zone raconte une partie de cette histoire. Voici où elle se trouve, et ce que j’en fais.

Que fait la thyroïde, et pourquoi se dérègle-t-elle si souvent ?

Le module 3 de la formation Reflexalto la décrit ainsi : « Glande en forme de papillon située à la base du cou. Ses hormones influencent le rythme cardiaque, la consommation énergétique, la croissance, la température corporelle, la fertilité, la digestion et la sensation de satiété. » Juste derrière elle, quatre petites glandes, les parathyroïdes, « régulent le taux de calcium et de phosphore dans le sang, essentiels à la santé osseuse et musculaire ».

La thyroïde ne décide pas seule. Elle obéit à l’hypophyse, qui obéit à l’hypothalamus, qui écoute le stress, le sommeil et les émotions. Notre support parle de « cascades hormonales ». Quand un maillon dérape, la thyroïde peut ralentir ou s’emballer. Les maladies auto-immunes, l’âge, la grossesse et certains traitements en sont les causes médicales les plus courantes. Le stress chronique, lui, n’explique pas tout, mais il est presque toujours présent chez les personnes que je reçois pour ce motif.

SigneThyroïde qui ralentit (hypothyroïdie)Thyroïde qui s’emballe (hyperthyroïdie)
ÉnergieFatigue lourde, lenteur, sommeil qui ne repose pasAgitation, insomnie, épuisement nerveux
PoidsPrise de poids malgré un appétit stablePerte de poids malgré un appétit augmenté
TempératureFrilosité, mains et pieds froidsBouffées de chaleur, transpiration
CœurPouls lentPalpitations, pouls rapide
TransitConstipationSelles fréquentes
HumeurTristesse, ralentissement de la penséeAnxiété, irritabilité, tremblements

Si vous vous reconnaissez dans une colonne, ce tableau ne vous dit rien de certain : une fatigue avec prise de poids a cent causes. Parlez-en à votre médecin, qui prescrira une prise de sang. Aucun pied ne fait mieux qu’une TSH.

Pourquoi l’endocrinologue d’abord ?

Parce que la thyroïde se mesure. C’est l’une des rares glandes dont on connaît l’état par une simple analyse, et parce que ses dérèglements se traitent, bien, avec un suivi régulier. Un réflexologue qui laisserait croire qu’il peut « relancer » ou « calmer » une thyroïde sans ce bilan met la personne en danger. Je refuse de travailler la zone chez quelqu’un qui présente des signes évocateurs et n’a jamais consulté. Je lui demande de le faire, et je le revois après.

  • Une fatigue anormale avec prise ou perte de poids inexpliquée : médecin, dosage de la TSH.
  • Des palpitations, des tremblements, une transpiration nouvelle : médecin rapidement, pas de séance stimulante avant le bilan.
  • Une boule au cou, une gêne à avaler, une voix qui change : médecin, échographie.
  • Un traitement thyroïdien en cours : la réflexologie est possible, elle ne modifie ni la dose ni le suivi, et votre endocrinologue doit savoir que vous venez.

L’Assurance maladie décrit les symptômes de l’hypothyroïdie et de l’hyperthyroïdie et le parcours de soins. C’est la référence que je donne à mes consultants, et à mes stagiaires.

Où se trouve la zone réflexe de la thyroïde sur le pied ?

La thyroïde est à la base du cou. Le cou, en réflexologie, c’est la base du gros orteil. Notre support de cours localise la zone « sur le dessus et le dessous du pied, à la base de la première phalange du gros orteil, sur la partie proximale de la première phalange ». Proximale, c’est-à-dire du côté du pied, pas du côté de l’ongle. Entourez la base de votre gros orteil avec le pouce et l’index, comme un anneau : vous êtes dessus. La zone existe sur les deux pieds.

Elle a des voisines qu’il faut connaître pour ne pas les confondre. Les cervicales, sur le bord interne de la même phalange. Les muscles de la nuque, sur la moitié supérieure de la phalange, dessous. La trachée, qui descend le long du deuxième métatarsien. Et, plus haut, sur la pulpe, l’hypophyse qui commande tout. Le module 1 ajoute une observation qui m’a souvent frappée en cabinet : un hallux valgus, cette déviation du gros orteil, « attire l’attention sur la région cervicale, les épaules ou la thyroïde ». Ce n’est pas une règle, c’est un regard.

Zone réflexeLocalisation (support de cours)GesteLien avec la thyroïde
ThyroïdeBase de la 1re phalange du gros orteil, partie proximale, dessus et dessousChenille pouce ou lissage, quadrillage des deux facesLa glande elle-même
ParathyroïdesMême zone, en profondeur, sur les bords de la base du gros orteilPression pince pouce-indexCalcium, os, muscles
HypophysePoint au centre du coussinet du gros orteil, à la butée de la pulpePression avec le pouceCommande la thyroïde
HypothalamusPartie proximale de la pulpe du gros orteil, bord latéralPiqué pouceCommande l’hypophyse
Cervicales C1 à C7Bord interne du pied, le long de la 1re phalange du gros orteilReptation du pouceInnervation du cou
SurrénalesEn profondeur, à la butée de la tête du 1er métatarsien et du tarsePression pouce et indexStress, cortisol, interaction hormonale

Comment travaille-t-on la zone de la thyroïde ?

Deux gestes, d’après notre support : « chenille pouce ou lissage, quadriller la zone, dessus-dessous ». La chenille, c’est cette reptation du pouce, régulière et rythmée, qui avance millimètre par millimètre. Le lissage, c’est un glissé plus large. Je fais l’un puis l’autre : trois passages en chenille autour de la base du gros orteil, sur la face plantaire avec le pouce, sur la face dorsale avec l’index, puis un lissage circulaire qui referme l’anneau. Je termine par une pince, pouce dessous et index dessus, tenue cinq secondes.

La pression s’adapte à ce que je sens. Le support est précis : « une zone plus molle ou peu réactive peut être travaillée avec une pression plus marquée », tandis qu’une zone vive appelle un toucher plus léger. Sur des personnes en hypothyroïdie, la zone est souvent molle et silencieuse ; sur des personnes en hyperthyroïdie, elle est fréquemment sensible, chaude, et je travaille court. Ce que je ne fais jamais : « stimuler fort pour relancer » une thyroïde lente. Ce raisonnement n’a aucun fondement et ne produit que des pressions douloureuses.

Le protocole endocrinien du module 3, centré sur la thyroïde

  1. Phase préparatoire. Protocole de détente du pied, puis mobilisation douce des orteils : rotations et pressions. Un gros orteil raide ne se laisse pas lire.
  2. Zones nerveuses. Colonne vertébrale et moelle épinière sur le bord interne, avec un temps sur les cervicales ; ligne du diaphragme et plexus solaire ; boîte crânienne sur la pulpe du gros orteil. Le support explique qu’activer le système nerveux central « facilite la modulation neuroendocrine ».
  3. Hypophyse. Pression du pouce au centre du coussinet du gros orteil, tenue, trois fois. C’est la « glande maîtresse » : je ne touche jamais la thyroïde sans passer par elle.
  4. Hypothalamus, pinéale, thalamus. Trois piqués du pouce sur la pulpe.
  5. Thyroïde et parathyroïdes. Chenille, lissage, quadrillage dessus-dessous, pince finale, comme décrit plus haut. Sur les deux pieds.
  6. Surrénales. Pression pouce-index en profondeur, dessus et dessous du pied.
  7. Pancréas. Chenille glissée du pouce depuis la partie médiale vers le centre du pied, pied droit puis pied gauche. La thyroïde et le pancréas règlent tous deux le métabolisme, et le support les traite dans le même protocole.
  8. Nerf vague et écoute parasympathique. Pression appuyée sur le cinquième orteil, puis un pouce sur le gros orteil, l’autre sur le talon, sans stimulation.

Le rôle de l’hypophyse et de l’hypothalamus dans cette chaîne est détaillé dans notre article sur l’hypophyse, l’hypothalamus et le thalamus sur le pied. Celui des surrénales, dont le cortisol interfère avec les hormones thyroïdiennes, est expliqué dans notre article sur les glandes surrénales et le stress chronique.

Hypothyroïdie, hyperthyroïdie, après une opération : trois façons de travailler

SituationSéanceAccentPrécaution
Hypothyroïdie traitéeSéance complète, une fois par moisDétente, hypophyse, thyroïde, surrénales, transitAucune modification du traitement ; la fatigue après séance est fréquente au début
Hyperthyroïdie traitéeSéance douce, courte, toutes les trois semainesDétente nerveuse, plexus, nerf vague, écoute parasympathiquePas de travail appuyé sur la thyroïde ; palpitations pendant la séance : on arrête
Après ablation de la thyroïdeSéance complète, une fois par moisHypophyse, surrénales, cervicales, cicatrice du cou par la zone des cervicalesLa zone thyroïde est souvent peu réactive ; on la travaille doucement, sans chercher de réponse
Signes évocateurs sans bilanReportéeAucunPrise de sang d’abord, séance ensuite

Anne, 46 ans, ancienne responsable logistique à Nice : « Hashimoto depuis six ans, traitement stable, endocrinologue tous les ans. Ce qui me restait, c’était la fatigue et le froid. Nawal a commencé par me demander mes derniers résultats, et elle a passé la moitié de la séance sur ma colonne et mon plexus avant d’aller sur le gros orteil. Je n’ai rien changé à mon traitement, mes analyses n’ont pas bougé. Mais je dors mieux et j’ai moins froid aux pieds. Je viens tous les mois. »

Témoignage d’une consultante reçue en cabinet

Peut-on travailler sa thyroïde soi-même ?

La zone existe sur la main : à la base du pouce, sur sa première phalange, dessus et dessous, le même anneau que sur le gros orteil. Entourez la base du pouce avec le pouce et l’index de l’autre main, faites de petits cercles pendant une minute, puis passez à l’autre main. Deux fois par jour, c’est un entretien, pas un traitement. Sur le pied, la même chose se fait assis, le pied posé sur le genou opposé. Si vous êtes en hyperthyroïdie, préférez les gestes de détente, plexus et respiration, à toute stimulation de la zone.

Ce que la réflexologie ne fait pas pour la thyroïde, et comment on l’apprend

Elle ne dose pas une hormone, ne remplace pas un comprimé, ne fait pas fondre un nodule et ne « rééquilibre » pas une glande. Elle offre une détente profonde, un travail précis sur la chaîne hypothalamus-hypophyse-thyroïde et un soutien du système nerveux dont dépend cette chaîne. Les consultants qui la pratiquent en complément d’un suivi médical décrivent surtout un sommeil et une énergie plus stables.

Le système endocrinien est étudié au niveau 3 de notre école de réflexologie, avec le système nerveux et le système uro-génital, trois jours après le stage Premiers Pas et les deux premiers niveaux. Les stagiaires apprennent à distinguer, sous le pouce, la thyroïde des cervicales et de la trachée, à adapter la pression, et à savoir quand ne pas travailler. Le cursus complet, quatre niveaux, 100 heures de mise en situation, examen et certification, revient à 3 620 €. Pour le versant hormonal féminin de la cinquantaine, où la thyroïde se dérègle souvent, lisez aussi notre article sur la réflexologie et la ménopause.

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