Nuque raide, trapèzes, cervicales : le protocole haut du corps en réflexologie plantaire

Nuque raide, trapèzes, cervicales : le protocole haut du corps en réflexologie plantaire

En bref : en réflexologie plantaire, les cervicales se projettent sur le bord médial de la première phalange du gros orteil, les muscles de la nuque à la base de ce même orteil, et les trapèzes à la base des métatarsiens des quatre petits orteils. Le protocole du haut du corps, enseigné au niveau 1, libère d’abord la colonne et le diaphragme, puis l’ATM, le nerf crânien XI, les trapèzes et la nuque. Une raideur brutale avec fièvre relève du médecin.

La nuque raide est le motif de consultation qui a le plus augmenté dans mon cabinet en dix ans. Écrans, téléphones tenus à hauteur du nombril, épaules qui montent dès que la boîte mail s’ouvre. Notre support de cours dit une chose que je trouve juste : les cervicales portent les tensions mentales. Sur le pied, tout cela se lit sur le gros orteil et à la base des petits. Voici le protocole que nous enseignons au niveau 1, et pourquoi il commence loin de la nuque.

Où se projettent les cervicales, la nuque et les trapèzes sur le pied ?

Sur le gros orteil pour l’axe, à la base des petits orteils pour les muscles. Le gros orteil représente la tête et le cou : sa première phalange, celle qui touche le pied, porte les sept cervicales sur son bord médial, et les muscles de la nuque sur sa face plantaire. Les trapèzes, ces grands muscles qui relient la nuque aux épaules, se trouvent plus bas, sous le pied, à la base des métatarsiens. Le module 1 de la formation Reflexalto décrit chaque zone avec précision ; je les résume dans ce tableau.

ZoneLocalisation (support de cours module 1)Geste
CervicalesBord latéral médian du gros orteil, au niveau de la 1re phalangeReptation du pouce, jusqu’après la tête du 1er métatarsien
Muscles de la nuqueDessous du pied, moitié supérieure de la 1re phalange du gros orteilReptation du pouce, orteil maintenu en traction, dans les deux sens
Zone des trapèzesDessous du pied, base des métatarsiens des 2e, 3e, 4e et 5e orteilsChenille du pouce, plusieurs passages horizontaux et verticaux
Nerf crânien XIPoint central sur la 2e phalange du 5e orteil, dessus et dessousPression en pince pouce-index
ÉpauleJonction entre le 5e métatarsien et la 1re phalange du 5e orteil, dessus et dessousPression chenille index et pouce, pied en flexion
Muscles intercostauxEspaces entre les métatarsiens, dessus du piedChenille de l’index de la base des orteils vers le tarse

Un repère utile pour s’orienter : la ligne de la ceinture scapulaire, qui traverse horizontalement le dessus du pied à la jonction entre les métatarsiens et les premières phalanges. Tout ce qui est au-dessus de cette ligne, vers les orteils, appartient à la tête et au cou. Tout ce qui est en dessous appartient au tronc.

Pourquoi la nuque se raidit-elle, et quand faut-il consulter avant une séance ?

Dans l’immense majorité des cas, une nuque raide vient d’une posture tenue trop longtemps, d’un stress qui remonte les épaules, d’un oreiller inadapté ou d’un courant d’air. Les muscles se contractent, se fatiguent, et la douleur s’installe à la base du crâne ou entre les omoplates. C’est ce que je vois tous les jours et ce que la réflexologie accompagne bien.

Mais quatre situations passent par le médecin avant ma table : une raideur brutale accompagnée de fièvre et de maux de tête, une nuque bloquée après une chute ou un accident, des fourmillements ou une faiblesse dans un bras, des vertiges ou des troubles de la vue associés. Je pose ces questions à l’entretien, systématiquement. Le réflexologue ne diagnostique pas ; il sait reconnaître ce qui n’est pas pour lui.

Le nerf crânien XI, la clé que personne ne connaît

Le onzième nerf crânien, dit nerf accessoire, commande deux muscles : le trapèze et le sterno-cléido-mastoïdien, celui qui tourne la tête. Autrement dit, les deux muscles qui se crispent quand la nuque est raide. Sa zone réflexe tient en un point, au centre de la deuxième phalange du petit orteil, dessus et dessous. On le stimule en pince, entre le pouce et l’index.

C’est un point que les consultants ne soupçonnent pas et qui réagit presque toujours chez les personnes aux épaules remontées. Notre module 1 le place avant les trapèzes dans le protocole, pour une raison de principe : « toujours libérer les zones nerveuses et axiales avant les muscles périphériques ». On détend la commande avant de détendre le muscle. Cela fait partie des douze nerfs crâniens que nous étudions au niveau 3 ; ici, celui-là suffit.

Le protocole haut du corps, étape par étape

Trois principes ouvrent le protocole dans notre support de cours : travail du centre vers la périphérie ; zones nerveuses et axiales avant les muscles ; priorité à la colonne, puis aux ceintures, puis aux membres. Voici la séquence telle que nous la pratiquons en binôme au niveau 1.

  1. Phase préparatoire. Protocole de détente du pied en sept manipulations, puis colonne vertébrale en reptation le long du bord médial (cervicales, dorsales, lombaires), puis ligne du diaphragme et plexus solaire.
  2. ATM. Pressions appuyées sur les côtés des quatre petits orteils. La mâchoire et la nuque se tiennent ; j’y ai consacré un article, mâchoire serrée, bruxisme et zone ATM.
  3. Épaule. Pied maintenu en flexion sous les coussinets, pression chenille de l’index et du pouce sur la jonction entre le 5e métatarsien et le petit orteil, dessus et dessous.
  4. Nerf crânien XI. Pression en pince sur le point central de la deuxième phalange du petit orteil.
  5. Zone des trapèzes. Chenille du pouce à la base des métatarsiens des quatre petits orteils, plusieurs passages, à l’horizontale puis à la verticale.
  6. Muscles de la nuque. Gros orteil tenu en traction, reptation du pouce à sa base, dans les deux sens latéralement. Le module précise de « finir les lignes par un piqué sur les cervicales, l’atlas et l’apophyse mastoïdienne », puis de « bien étirer l’orteil en fin de stimulation pour majorer le relâchement ».
  7. Muscles intercostaux. Chenille de l’index sur les espaces entre les métatarsiens, de la base des orteils vers le tarse, pour libérer la cage thoracique.
  8. Harmonisation. Effleurages lents en bipodale, glissé doux le long du bord interne du pied, l’axe postural.

Pourquoi commencer par la colonne et pas directement par la nuque ?

Parce que la nuque n’est que le sommet d’un axe. Une personne dont les lombaires sont verrouillées compense plus haut ; une cage thoracique bloquée par une respiration courte tire sur les cervicales. Travailler la colonne entière sur le bord médial du pied, du talon au gros orteil, avant de s’attarder sur le cou, donne au corps une chance de redistribuer les tensions plutôt que de les déplacer. C’est aussi l’occasion de sentir, sous le pouce, les segments sensibles : notre support de cours note que « les parties sensibles ou douloureuses nous donneront des indications utiles pour le choix des zones réflexes à travailler ».

Le lien entre chaque vertèbre et les organes qu’elle innerve est présenté dans notre tableau des correspondances vertèbres-organes. Je ne le reprends pas ici. Retenez simplement que les cervicales C1 à C7 se travaillent sur la première phalange du gros orteil, et que le passage doit se prolonger « après la tête du métatarsien, sur la partie osseuse ». Pour le reste du dos, l’approche est détaillée dans l’article sur la réflexologie dorsale.

Thomas, 45 ans, ancien développeur à Lyon : « Vingt ans devant deux écrans, une nuque en béton et des séances d’ostéopathie tous les deux mois. Au niveau 1, quand ma binôme a tiré sur mon gros orteil et travaillé sa base, j’ai senti la chaleur monter jusque dans la nuque. Depuis que je pratique, je fais ce protocole à ma femme le dimanche soir, et l’ostéo me voit moins souvent. Ce n’est pas une preuve, c’est mon dimanche. »

Témoignage d’un stagiaire Reflexalto

Que ressent-on, et combien de séances prévoir ?

Pendant le travail de la nuque, la sensation la plus fréquente est une chaleur qui monte le long de la jambe, parfois jusqu’aux épaules, et un relâchement visible du cou : la tête s’enfonce dans le coussin. Les zones des trapèzes sont souvent dures, avec ces petits amas que notre support appelle grains de riz, et qui s’assouplissent en deux ou trois passages. La pression s’adapte à la personne. Le module 1 est clair : « en cas de forte douleur ou d’inconfort, le réflexologue ajuste son toucher ».

Pour une nuque raide chronique, trois à cinq séances espacées de deux semaines me paraissent un cadre honnête, puis une séance d’entretien par mois. Une séance dure 45 minutes à une heure et se facture 50 à 70 € en France, 60 à 90 € à Paris. Certains ressentent une courbature diffuse le lendemain, comme après une séance de sport douce ; c’est passager. Je demande à chacun de noter, avant la séance, jusqu’où il tourne la tête à droite et à gauche, en degrés approximatifs ou en repères dans la pièce. On refait la mesure à la fin. Ce petit test ne vaut pas un bilan, mais il rend le changement visible pour la personne elle-même.

Quels gestes refaire chez soi entre deux séances ?

  • Sur la main : les cervicales se trouvent sur le bord externe de la première phalange du pouce. Reptation avec le pouce de l’autre main, une minute par côté, dès que la nuque tire.
  • Tirer doucement chaque gros orteil vers soi cinq secondes, le soir, en position assise : c’est la traction du protocole, à la portée de tous.
  • Baisser les épaules. Vraiment. Poser une alarme toutes les heures et vérifier où elles sont.
  • Respirer trois fois profondément les mains posées sur les côtes basses, pour redonner du mouvement aux intercostaux.

Ce que vous apprenez de ce protocole en formation Reflexalto

Le système ostéo-musculaire occupe une journée du niveau 1, après le système respiratoire. Le matin, anatomie de l’appareil locomoteur : les 33 vertèbres, les ceintures scapulaire et pelvienne, les muscles de la posture. L’après-midi, le protocole du haut du corps en binôme, avec le formateur qui vérifie la traction du gros orteil, la direction de la reptation sur les cervicales et la profondeur sur les trapèzes. Ce sont des zones de quelques millimètres : elles se trouvent sous la main d’un formateur, pas sur un schéma. Cette pédagogie en groupes de 10 est le cœur de notre formation en réflexologie plantaire.

Le stage Premiers Pas, deux jours à 320 €, vous apprend déjà la colonne vertébrale sur le bord médial du pied et le protocole de détente. Le cursus complet, quatre niveaux et 100 heures de mise en situation professionnelle, coûte 3 620 €, supports et certification inclus, hors CPF, en plusieurs fois si besoin.

Vous avez aimé ? Partage cette article :