Réflexologie auriculaire : carte de l’oreille, différences avec la plantaire, à qui elle s’adresse

Réflexologie auriculaire : carte de l’oreille, différences avec la plantaire, à qui elle s’adresse

En bref : la réflexologie auriculaire stimule des points de l’oreille qui projettent le corps, selon une carte en « fœtus inversé » établie par le médecin lyonnais Paul Nogier dans les années 1950 : lobe pour la tête, anthélix pour la colonne, conque pour les organes. Séance de 10 à 20 minutes par pressions au doigt, contre 45 minutes pour la plantaire sur une surface plus grande. Reflexalto enseigne les pieds et les mains ; l’oreille relève d’autres formations.

On me demande souvent, en journée portes ouvertes, si l’on apprend « aussi l’oreille ». La réponse est non, et je préfère l’expliquer que l’esquiver. La réflexologie auriculaire est une discipline à part entière, avec sa carte, son histoire et ses praticiens. Je l’ai reçue plusieurs fois, je l’ai étudiée pour comprendre ce qu’elle partage avec mon métier, et je sais où elle diverge. Voici ce que j’en dis à ceux qui hésitent entre les deux, ou qui veulent simplement savoir ce qu’on leur touche quand on leur appuie sur le lobe.

Qu’est-ce que la réflexologie auriculaire ?

C’est l’application à l’oreille du principe commun à toutes les réflexologies. Notre support de cours reprend la définition de l’association des réflexologues : une pratique manuelle qui repose sur le principe selon lequel chaque organe, chaque partie du corps ou fonction physiologique correspond à une zone dite « zone réflexe » projetée notamment sur les pieds, les mains, le visage ou les oreilles. Le module Premiers Pas distingue ainsi quatre formes : plantaire, palmaire, auriculaire, faciale.

La spécificité de l’oreille tient à sa carte. Là où le pied projette le corps debout, orteils vers la tête et talon vers le bassin, l’oreille le projette à l’envers : la tête en bas, dans le lobe, la colonne le long du relief central, les organes au creux du pavillon. C’est l’image du fœtus recroquevillé, tête vers le bas, qui a donné son nom à cette cartographie.

D’où vient la carte de l’oreille ?

Des traditions chinoises d’abord, qui mentionnent des points de l’oreille depuis l’Antiquité, dans la même lignée que l’acupuncture. Puis, et surtout, d’un médecin français. Paul Nogier, à Lyon, observe dans les années 1950 des patients cautérisés à l’oreille pour des douleurs sciatiques, cherche à comprendre, et publie en 1957 une cartographie systématique du pavillon : la « somatotopie » de l’oreille, ce fœtus inversé. Sa carte est ensuite reprise et adaptée en Chine, ce qui donne aujourd’hui deux écoles, française et chinoise, aux points parfois légèrement décalés.

Le parallèle avec l’histoire de la réflexologie plantaire est frappant. William Fitzgerald établit en 1916 ses dix zones longitudinales, Eunice Ingham cartographie le pied dans les années 1930 ; Nogier fait de même pour l’oreille vingt ans plus tard. Deux médecins, deux cartes, une même intuition : le corps se projette sur ses extrémités. Nous racontons l’histoire du pied dans un article dédié sur l’histoire de la réflexologie, de Saqqarah à Fitzgerald et Ingham.

Comment se lit la carte de l’oreille ?

Le pavillon de l’oreille mesure 6 à 7 centimètres de haut. Sur cette surface, on distingue quelques reliefs que tout le monde peut repérer avec le doigt, et chacun porte une région du corps.

Partie de l’oreilleOù la trouverCe qu’elle projette
LobePartie molle, en basTête, visage, yeux, mâchoire, dents
AnthélixRelief en forme de Y au centre du pavillonColonne vertébrale : cervicales en bas, près du lobe, lombaires et sacrum en haut
Fosse triangulaireCreux entre les deux branches supérieures de l’anthélixBassin, organes génitaux ; point Shen Men de la tradition chinoise, utilisé pour l’apaisement
ConqueGrand creux central, autour du conduit auditifOrganes internes : cœur et poumons dans la partie basse, organes digestifs et reins dans la partie haute
HélixBord externe enrouléMembres, allergies selon les écoles
Tragus et antitragusPetits reliefs devant et sous le conduit auditifGlandes endocrines, tête, points de régulation

Cette carte varie d’une école à l’autre plus que celle du pied. Un praticien auriculaire formé vous dira que chaque point se cherche au détecteur de pression ou au ressenti, car les oreilles diffèrent beaucoup d’une personne à l’autre. C’est l’une des raisons pour lesquelles je ne la pratique pas : elle demande un apprentissage à part, que nous n’assurons pas.

Réflexologie auriculaire et plantaire : les différences qui comptent

Les deux reposent sur le même principe, mais la séance n’a rien à voir. Voici ce qui les distingue, sans hiérarchie entre les deux.

CritèreRéflexologie auriculaireRéflexologie plantaire
Surface travailléeDeux pavillons de 6 à 7 cmDeux pieds de 24 à 28 cm, plante, dessus et bords
CarteFœtus inversé, tête en basCorps debout, orteils vers la tête, talon vers le bassin
Durée10 à 20 minutes45 minutes à 1 heure
GestePressions au doigt, au stylet, pose de graines ou de petits aimantsReptation, pression appuyée, glissé profond, pince, avec le pouce et l’index
Ce qu’elle vise en premierUne action ciblée sur un pointUne détente globale, puis un travail par système
Contact avec la personneAssise, habillée, séance courteAllongée, pieds nus, temps long, entretien préalable
Origine modernePaul Nogier, Lyon, années 1950Fitzgerald 1916, Ingham années 1930, États-Unis

La différence principale, à mon sens, n’est pas la carte : c’est le temps et le corps. Une séance plantaire commence par un protocole de détente en sept manipulations, passe par la colonne et le diaphragme, puis travaille un ou deux systèmes du corps, sur une heure. La personne est allongée, elle lâche. L’oreille se travaille vite, assis, sur un point précis. Ce sont deux temporalités, et deux intentions.

À qui s’adresse la réflexologie auriculaire ?

  • Aux personnes qui ne peuvent pas se déchausser ou s’allonger : hospitalisation, fauteuil, pieds blessés ou trop sensibles.
  • À celles qui veulent une stimulation courte, répétable, qu’elles peuvent prolonger seules en pressant un point.
  • Aux praticiens de santé qui l’intègrent à leur pratique : l’auriculothérapie, avec aiguilles, est le plus souvent exercée par des médecins, des sages-femmes ou des kinésithérapeutes formés.
  • À ceux qui la reçoivent en complément d’un travail plantaire, pour prolonger un effet entre deux séances.

Elle est souvent proposée pour l’arrêt du tabac, l’appétit, l’anxiété ou certaines douleurs. Je m’en tiens à ce que je sais : aucune de ces indications n’est un traitement, ni dans l’oreille ni dans le pied, et une douleur, une addiction ou une anxiété installée se parlent d’abord avec un médecin. Le praticien auriculaire sérieux vous le dira comme moi.

Les précautions propres à l’oreille

Elles ressemblent à celles du pied, transposées à une peau plus fine et à un organe sensible. On ne stimule pas une oreille qui présente une otite, un eczéma, une plaie, un piercing récent ou une inflammation du cartilage. On n’enfonce jamais quoi que ce soit dans le conduit auditif. Et l’on reste léger : une pression trop forte sur l’anthélix laisse une douleur qui dure des heures. Les contre-indications générales de notre support de cours, phlébite, accident vasculaire ou cardiaque récent, chimiothérapie lourde, premier trimestre de grossesse, valent pour toute stimulation réflexe, oreille comprise. Un praticien qui ne vous les demande pas avant de commencer n’a pas fini sa formation.

Élodie, 36 ans, ancienne esthéticienne à Clermont-Ferrand : « Dans mon ancien métier, j’avais appris trois points de l’oreille pour détendre les clientes pendant un soin. Ça marchait un peu, cinq minutes. Quand j’ai reçu ma première séance de réflexologie plantaire, j’ai compris la différence : une heure, tout le corps, et je suis rentrée chez moi sans savoir comment. J’ai fait les Premiers Pas le mois suivant. Je garde mes trois points d’oreille pour les amis, et les pieds pour le cabinet. »

Témoignage d’une stagiaire Reflexalto

Peut-on combiner l’oreille, les pieds et les mains ?

Oui, et certains praticiens le font, à condition d’avoir appris chaque carte séparément. Dans notre cursus, la combinaison enseignée est celle des pieds et des mains : le niveau 3 introduit la réflexologie palmaire, que notre support de cours présente comme moins puissante qu’un travail sur les pieds, mais très intéressante lorsque la personne présente une forte sensibilité plantaire ou lorsque le travail sur les pieds n’est pas possible. La main joue donc, chez nous, le rôle que l’oreille joue ailleurs : l’accès de secours, et l’auto-pratique entre deux séances.

Pour savoir ce que la main permet, lisez qu’est-ce que la réflexologie palmaire. Et pour la quatrième forme citée par notre module, le visage, nous avons un article sur la réflexologie faciale et crânienne, ainsi qu’un autre sur sa variante vietnamienne, le Dien Chan.

Pourquoi Reflexalto se concentre-t-elle sur le pied ?

Pour une raison que le module Premiers Pas énonce simplement : la réflexologie plantaire est la plus répandue, parce que les pieds sont riches en terminaisons nerveuses et offrent une surface large et accessible, facilitant la localisation et la stimulation précise des zones réflexes. Sur un pied, une zone réflexe mesure un à trois centimètres ; sur une oreille, un à trois millimètres. L’erreur de localisation est plus facile à corriger sur un pied, et c’est ce qui permet à un débutant d’être efficace au bout de quelques mois.

Il y a aussi un choix pédagogique. Former à une seule carte, celle du pied, complétée par la main, sur 14 jours de présentiel et 100 heures de pratique, donne un praticien qui maîtrise vraiment son outil. Ajouter l’oreille ou le visage dans le même temps donnerait un praticien qui survole trois cartes. Ceux de nos certifiés qui veulent ensuite apprendre l’auriculaire le font auprès d’écoles spécialisées, et ils y arrivent avec un toucher déjà formé.

Comment reconnaître une formation sérieuse en réflexologie, quelle que soit la zone ?

Les critères sont les mêmes pour l’oreille, le visage, la main ou le pied : des heures de pratique encadrée, des groupes réduits, un examen réel, des formateurs qui exercent, un prix total écrit. Chez nous, ce sont des groupes de 10, un examen sous forme de séance complète devant un examinateur, et un cursus à 3 620 € tout compris, certifié Qualiopi, reconnu par la FEDE et accrédité par la FFMBE. Les zones du pied que vous apprendrez à localiser sont présentées dans notre article sur la carte des points de réflexologie plantaire, et le programme complet sur la page de notre école de réflexologie.

Vous avez aimé ? Partage cette article :